Les associations syndicales d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire ont perdu leur place et leur droit de se prononcer sur les situations dans les établissements scolaires et universitaires de leur pays. Ce, depuis le mercredi 30 octobre 2024, date à laquelle le gouvernement ivoirien a adopté un décret de dissolution de ces organisations.
Le vendredi 24 janvier 2024, un étudiant nommé Ouattara Klebien Jacob dit NL Guevara a contourné cette décision gouvernementale pour adresser depuis sa page personnelle Facebook une lettre en son nom propre au chef de l’Etat, Alassane Ouattara.

Une démarche qui, pour lui, est de nature à faire prévaloir certaines observations et doléances.Depuis plus de 2 mois, les élèves et étudiants de Côte d’Ivoire n’ont plus de représentants pour porter leurs problèmes et doléances auprès des décideurs du pays. Ce, en raison de la dissolution de leurs associations à caractère syndical suite à une décision gouvernementale décrétée le mercredi 30 octobre dernier.
Restant dans le respect de cette mesure de sanction prise à la suite de l’assassinat scandaleux de l’un des leurs (Déagoué Mars Aubin Angui dit Gl Sorcier), l’étudiant Ouattara Klebien Jacob alias NL Guevara tente d’établir en son nom propre un contact direct avec le chef de l’Etat pour lui faire part d’un certain nombre de d’observations et doléances.
Voir ci-dessous l’intégralité de sa lettre publiée sur les réseaux sociaux. »A Son Excellence monsieur le président de la République Excellence,Votre discours de Nouvel An sur l’école ivoirienne a été porteur de grandes satisfactions, de motivation et d’espoir.
À travers cette adresse, nous souhaitons exprimer notre profonde gratitude pour les avancées remarquables réalisées dans le domaine de l’éducation, tout en soumettant à votre haute attention certaines doléances essentielles pour améliorer les conditions académiques et sociales des élèves et étudiants de notre pays.
Depuis votre accession à la magistrature suprême, nous avons observé avec satisfaction une nette amélioration des conditions de vie et d’études des élèves et étudiants.
Cette dynamique positive se traduit notamment par l’augmentation du nombre de lycées et collèges grâce au projet des collèges de proximité, l’accroissement du nombre d’universités et de grandes écoles publiques, l’amélioration des infrastructures académiques, notamment les salles de travaux dirigés (TD) et de travaux pratiques (TP), ainsi que la réhabilitation des espaces universitaires et scolaires, l’équipement des établissements scolaires et universitaires, la construction de bureaux pour les enseignants, et l’augmentation du nombre de boursiers et de bénéficiaires d’aides financières.
Nous tenons également à adresser nos sincères remerciements à Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Professeur Adama Diawara, pour sa disponibilité, son écoute et son engagement envers le dialogue avec les organisations étudiantes. Son initiative de mise en place d’une plateforme d’échanges avec toutes les structures étudiantes mérite d’être saluée.
Bien que nous reconnaissions les efforts considérables entrepris pour l’amélioration de l’école ivoirienne, nous souhaitons porter à votre bienveillante attention certaines préoccupations essentielles.
Ces doléances se répartissent en deux volets : académique et social.Augmenter le nombre de nouveaux bacheliers admis dans les universités publiques, respecter les choix d’orientation des élèves dans le processus d’affectation, garantir le respect de la dignité humaine des étudiants et élèves dans les établissements, assurer le respect du système LMD, avec une répartition conforme de 70 % de recherche et 30 % de cours en présentiel, réduire les coûts de l’Internet pour faciliter l’accès aux ressources pédagogiques en ligne, ouvrir les concours d’entrée à l’ENS aux étudiants des filières de sciences économiques pour combler le déficit en enseignants de mathématiques, ouvrir les concours d’entrée à l’ENS aux étudiants des filières de sciences juridiques pour pallier le manque d’enseignants de français, reconnaître le BTS avec stage comme un diplôme Bac+3 afin de favoriser une meilleure insertion professionnelle, permettre la soutenance du BTS sur l’ensemble du territoire national, réduire et harmoniser les frais d’inscription dans les grandes écoles, réduire les frais d’inscription dans les universités publiques afin d’alléger la charge financière des familles, ouvrir les concours à partir de la Licence et du Master, garantissant ainsi un accès élargi aux opportunités professionnelles, faciliter l’accès à la formation continue pour tous les étudiants affectés dans les grandes écoles, et mettre en place des stages et des opportunités d’insertion professionnelle pour les titulaires de Licence et de Master.
Augmenter le montant des bourses en tenant compte du coût de la vie et des richesses de notre nation (exemple : Licence 1 et 2 = 400 000 FCFA, Licence 3 et Master 1 = 600 000 FCFA, Master 2 et Doctorat = 1 000 000 FCFA), réduire les loyers en résidences universitaires pour les rendre plus accessibles aux étudiants, et mettre en place un fonds de soutien aux étudiants entrepreneurs, afin de favoriser l’auto-emploi et l’innovation chez les jeunes diplômés.
Excellence, nous avons une entière confiance en votre engagement indéfectible pour l’amélioration du système éducatif ivoirien et restons convaincus que ces doléances retiendront votre attention bienveillante.
Veuillez agréer, Excellence, l’expression de notre profond respect et de notre haute considération. »
M D

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