À moins de deux semaines du scrutin présidentiel du 25 octobre 2025, des cadres lèvent le ton au sein du vieux parti. L’Initiative de Réflexion Stratégique du PDCI-RDA (IRS/PDCI-RDA) a tenu, mardi 14 octobre, une conférence de presse au Plateau pour dénoncer « une faillite politique » et interpeller la direction du parti conduite par le Président Cheick Tidjane Thiam.

Un parti historique sans candidat à la présidentielle
« Ne pas disposer d’un candidat à la présidentielle est un échec fatal qui ne se rattrape guère », a déclaré d’emblée Kouao Magloire Anoman, coordonnateur général de l’IRS/PDCI-RDA.
Dans une salle comble de militants désemparés, il a regretté que le PDCI-RDA, parti fondé par le Président Félix Houphouët-Boigny, soit aujourd’hui spectateur de la course au pouvoir.
L’élection présidentielle, qui verra s’affronter Alassane Ouattara, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello, Jean-Louis Billon et Lagou Adjoua Henriette, se tiendra sans le plus vieux parti du pays. Une deuxième dans l’histoire politique ivoirienne.
Pour l’IRS, cette absence équivaut à une mise à l’écart de la vie politique nationale et à une démobilisation certaine des militants.
Les conséquences d’une “politique de la chaise vide”
Dans son adresse, l’IRS a dressé une liste de conséquences inquiétantes : perte d’influence, découragement des bases, effritement de la crédibilité du parti et affaiblissement de ses chances futures aux législatives, municipales et sénatoriales.
« La direction actuelle a érigé la politique de la chaise vide en système de gouvernance », a dénoncé M. Anoman, accusant le président Cheick Tidjane Thiam de « manque de vision et d’absence prolongée du territoire ivoirien ».
Pis encore, selon M. Anoman Magloire, la décision du groupe parlementaire du PDCI-RDA de ne pas participer aux élections législatives de décembre est perçue comme une « fuite en avant » et un « aveu d’impuissance ».

Quel avenir pour le PDCI-RDA ?
Face à ce qu’il appelle « la dérive stratégique du parti », l’IRS plaide pour une refondation interne : réunir les différentes sensibilités, réconcilier les leaders d’opinion et convoquer un congrès ordinaire d’urgence.
« Quand tu ne fais pas la politique, la politique te fait », a rappelé le coordonnateur, citant un adage cher aux militants de la vieille école du MEECI.
L’IRS appelle enfin à la mise en place d’un comité de crise chargé de « sauver le PDCI-RDA de sa disparition annoncée ».
Une voix d’alerte, un appel à la survie
Dans un contexte où les militants cherchent des repères, cette conférence a retenti comme un cri du cœur d’une frange du parti décidée à redonner souffle à l’héritage houphouétiste.
Reste à savoir si la direction actuelle écoutera cette voix de l’intérieur… ou si le PDCI-RDA poursuivra sa descente vers l’oubli politique.
Josué Koffi

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