Dans les champs comme dans les marchés, les défis des producteurs ivoiriens restent nombreux. À Yamoussoukro, dans la capitale ivoirienne, la Ligue ivoirienne des organisations professionnelles agricoles (LIDOPA) veut franchir un nouveau cap. Réunie en assemblée générale le mercredi 19 août 2026, l’organisation a dévoilé une série de projets destinés à renforcer l’accompagnement des agriculteurs et à mieux défendre leurs intérêts.

Une organisation qui veut changer d’échelle. Créée en 2022 dans un contexte marqué par plusieurs difficultés dans le monde agricole, la LIDOPA entend consolider sa présence auprès des producteurs. Les représentants de ses différentes implantations à travers le pays ont ainsi fait le bilan des actions entreprises et défini de nouvelles orientations.

Pour Jean-Michaël Kouassi Armand, President de la LIDOPA, cette assemblée générale constitue surtout une étape importante dans la construction d’une organisation davantage tournée vers les préoccupations concrètes des producteurs.
50 000 tonnes de cacao dans le viseur. Parmi les projets phares figure la création d’une coopérative de commercialisation. La structure devrait permettre à la LIDOPA de participer directement à la collecte et à la commercialisation du cacao dès la prochaine campagne.
L’ambition est de mobiliser jusqu’à 50 000 tonnes de cacao. Des démarches sont engagées auprès des responsables des structures de la filière afin de présenter les attentes des producteurs et de faciliter leur accès au marché.

Pour la LIDOPA, l’enjeu est de permettre aux producteurs de mieux s’organiser et de prendre une place plus importante dans la commercialisation de leur production.
Une banque pour les agriculteurs
Autre chantier annoncé : la création d’une banque des agriculteurs. La LIDOPA ambitionne de mobiliser environ 200 000 agriculteurs autour de ce projet.
L’objectif est de créer un mécanisme financier capable de faciliter l’accès au crédit et de soutenir les investissements dans les exploitations agricoles.

« L’objectif est de donner aux agriculteurs les moyens de mieux financer leurs activités et de participer davantage au développement de leur secteur », a expliqué Jean Michaël Kouassi.
La santé et l’information au cœur des priorités
La LIDOPA veut également agir sur la santé des producteurs et de leurs familles. Elle envisage la création d’une mutuelle de santé, mais aussi la construction, avec des partenaires internationaux, d’un établissement hospitalier spécialisé.
Des contacts avec des partenaires en Turquie sont envisagés dans cette perspective.
L’organisation projette, par ailleurs, de lancer une télévision dédiée au monde agricole, destinée à promouvoir les filières, informer les producteurs et présenter les opportunités de financement.
Après Yamoussoukro, la LIDOPA compte retourner au contact des producteurs. Des missions sont prévues dans plusieurs régions et départements pour expliquer ces projets à ceux qui n’ont pu participer à l’assemblée générale.

La question de la carte du producteur, devenue importante notamment dans la commercialisation du cacao, figure également parmi les préoccupations.
Avec cette nouvelle feuille de route, la LIDOPA veut passer des intentions aux actes. Coopérative, banque, mutuelle, télévision : autant de projets qui traduisent une même ambition, celle de placer davantage le producteur au cœur du développement agricole ivoirien. À Yamoussoukro, le message est donc lancé : pour mieux récolter demain, le monde agricole entend désormais mieux s’organiser aujourd’hui.
Josué Koffi

Average Rating