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Vridi 3-Zimbabwé : 4 mois après les déguerpissements, les familles réclament le dialogue et le relogement

Josué Koffi Par Josué Koffi 4 minutes de lecture 0 commentaires
Vridi 3-Zimbabwé : 4 mois après les déguerpissements, les familles réclament le dialogue et le relogement
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4 mois après les opérations de déguerpissement, les familles de Vridi 3, communément appelé Zimbabwé, veulent toujours des réponses. Réunis dimanche 4 octobre 2026 sur le site, les membres du Collectif des déguerpis ont appelé les autorités ivoiriennes à ouvrir un dialogue sur leur situation et à apporter des solutions concrètes, notamment en matière de relogement.

Face à la presse, le porte-parole du Collectif, Traoré Saïdou, a rappelé l’histoire de cette communauté de Port-Bouët, dont les premiers habitants se seraient installés sur le site dès 1963, à une époque où l’accès se faisait principalement par pirogue.

« Nos parents y avaient été installés par les autorités d’alors, notamment pour le fumage de poisson. Ils n’y ont trouvé ni routes, ni maisons, ni infrastructures. Avec leurs propres moyens, leur travail et leurs sacrifices, ils ont progressivement construit leurs habitations et fondé leurs familles », a-t-il expliqué.

Au fil des années, une école primaire publique, un centre de santé, un marché ainsi que les réseaux d’eau et d’électricité ont accompagné le développement du quartier.

Les démolitions ont débuté le 2 juin 2026. Le District autonome d’Abidjan avait justifié l’opération par la nécessité de protéger les populations vivant dans une zone présentée comme exposée à des risques sanitaires et environnementaux. La mairie de Port-Bouët avait, pour sa part, exprimé des réserves sur les modalités de l’intervention.

789 cours recensées par le Collectif

Quatre mois après, la principale préoccupation demeure celle du devenir des familles déplacées. Le Collectif affirme avoir recensé 289 propriétaires et 500 locataires, soit 789 personnes. Ce recensement se poursuit, selon Traoré Saïdou.

« Quitter une zone à risque ne signifie pas simplement quitter une maison. Pour une famille, cela peut signifier perdre son logement, ses biens, son activité économique, ses documents et les conditions nécessaires à la scolarisation des enfants », a-t-il soutenu.

Le Collectif évoque également plusieurs centaines de familles affectées et fait état de dix décès depuis le début de la crise, des données qui, précise-t-il, doivent encore être confrontées aux chiffres des services compétents.

La rencontre a également été l’occasion pour le Collectif de réagir à des propos attribués au ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, Cissé Bacongo, lors d’une conférence de presse le 14 avril 2026.

« Nous ne sommes pas des extraterrestres. Nous ne sommes pas des insectes. Nous ne sommes pas des animaux. Nous sommes des êtres humains. Nous sommes des citoyens », a martelé Traoré Saïdou.

Le Collectif affirme vouloir privilégier une démarche pacifique et républicaine. Ses revendications portent notamment sur le relogement, la prise en charge des familles vulnérables, la situation des enfants déscolarisés et l’ouverture d’un guichet d’information avec les autorités.

« Depuis le 2 juin jusqu’à aujourd’hui, il n’y a aucun guichet ouvert entre les autorités compétentes et nous. Les sinistrés sont là, voués à leur sort », a déploré le porte-parole.

Tout en disant ne pas s’opposer à l’aménagement urbain ni aux mesures de protection contre les risques, le Collectif demande que les populations déplacées soient accompagnées.

À Vridi 3-Zimbabwé, les habitations ont disparu sous les pelleteuses. Pour les familles déplacées, reste désormais une autre bataille : faire vérifier les faits, obtenir des réponses et retrouver les conditions nécessaires pour reconstruire leur vie dans la dignité.

Josué Koffi

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Josué Koffi

Josué Koffi

Journaliste — Côte d'Ivoire Infos

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