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Résistance aux antibiotiques : les médecins généralistes ivoiriens appelés à renforcer leur responsabilité dans les prescriptions

Josué Koffi Par Josué Koffi 4 minutes de lecture 0 commentaires
Résistance aux antibiotiques : les médecins généralistes ivoiriens appelés à renforcer leur responsabilité dans les prescriptions
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Réunis le samedi 31 octobre 2026, à l’occasion du 2 éme congrès de la Société ivoirienne de médecine générale et médecine de famille (SIMGF), les professionnels de santé ont placé le bon usage des antibiotiques au cœur de leurs échanges. Au terme de cette rencontre scientifique, un message a particulièrement retenu l’attention : lutter contre l’automédication et prévenir l’antibiorésistance passe aussi par une médecine générale plus proche des populations.

La lutte contre la résistance aux antibiotiques ne se joue pas uniquement dans les laboratoires et les établissements hospitaliers. Elle commence également dans les cabinets médicaux, à travers chaque décision de prescription. C’est autour de cette préoccupation majeure de santé publique que s’est articulé le deuxième congrès de la Société ivoirienne de médecine générale et médecine de famille (SIMGF), dont les travaux ont pris fin après plusieurs journées de réflexions et de partage d’expériences.

À la clôture, la présidente de la SIMGF, Dr N’Cho Dyane Christelle, a insisté sur la responsabilité particulière des médecins généralistes, premiers interlocuteurs de nombreux patients. « La résistance aux antibiotiques est une réalité et un problème majeur de santé publique. En tant que médecins de première ligne, nous devons être plus responsables face à nos prescriptions, car cela engage le patient, la communauté, le système sanitaire et les générations futures », a-t-elle souligné.

Une prescription qui engage bien au-delà du patient

Pour la présidente de la société savante, la prescription d’un antibiotique doit répondre à une véritable démarche médicale. Avant tout traitement, plusieurs interrogations doivent guider le praticien : l’antibiotique est-il réellement nécessaire ? Lequel choisir ? À quelle dose et pour quelle durée ? Quels effets indésirables et quelles interactions médicamenteuses faut-il anticiper ?

Elle a également rappelé l’importance du dialogue clinico-biologique et de la prise en compte des antécédents, du mode de vie et de la situation sociale du malade. L’objectif est d’adapter le traitement à chaque patient et de favoriser son adhésion.

L’automédication, un comportement à combattre

Au-delà des professionnels de santé, la SIMGF entend renforcer la sensibilisation des populations. Dr N’Cho Dyane Christelle appelle les patients à consulter un médecin généraliste avant toute prise d’antibiotiques, plutôt que de recourir à l’automédication.

« Prescrire un antibiotique lorsqu’il est nécessaire est un acte médical, mais savoir ne pas le prescrire lorsqu’il n’est pas indiqué est également un acte médical responsable », a-t-elle fait comprendre.

Même préoccupation chez le Dr Coba Prosper, président du comité d’organisation du congrès. Il a insisté sur la nécessité de mieux orienter les patients : « Lorsqu’on est malade, il faut d’abord se rendre à l’hôpital. On ne doit pas aller à la pharmacie pour s’automédiquer et revenir à l’hôpital lorsque le traitement ne fonctionne pas. »

Selon lui, une mauvaise utilisation des antibiotiques peut entraîner des complications, notamment hépatiques et rénales. Il a par ailleurs plaidé pour la formation continue des médecins généralistes afin d’actualiser leurs connaissances et de promouvoir les bonnes pratiques thérapeutiques.

Près de 200 congressistes mobilisés

Cette deuxième édition a également enregistré une participation appréciable. Selon les organisateurs, près de 200 congressistes venus de plusieurs régions du pays, notamment San Pedro, Man, Bouaké, Daloa, Gagnoa, Dimbokro, Yamoussoukro et Korhogo, ont pris part aux travaux.

Pour le président de la SIMGF, cette mobilisation traduit l’intérêt grandissant des praticiens pour les enjeux de la médecine générale. Après une première édition consacrée à la place du généraliste dans la pyramide sanitaire, cette deuxième rencontre a permis d’approfondir une problématique directement liée à leur exercice quotidien.

La présidente a enfin appelé à une collaboration permanente entre les médecins généralistes, les sociétés savantes et les différentes plateformes de santé.

Au-delà des recommandations scientifiques, ce congrès aura surtout rappelé une évidence : préserver l’efficacité des antibiotiques aujourd’hui, c’est éviter de compromettre les possibilités de traitement de demain. Une responsabilité collective dont les médecins comme les populations sont désormais appelés à se saisir.

Josué Koffi

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Josué Koffi

Josué Koffi

Journaliste — Côte d'Ivoire Infos

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