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Orpaillage clandestin : le FONSTI mise sur la science pour restaurer les terres dégradées

Josué Koffi Par Josué Koffi 4 minutes de lecture 0 commentaires
Orpaillage clandestin : le FONSTI mise sur la science pour restaurer les terres dégradées
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Derrière les richesses tirées de l’or se cache une autre réalité, beaucoup moins reluisante : des sols déstructurés, des eaux exposées à la contamination et des écosystèmes durablement fragilisés. Face à cette urgence environnementale, le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI) veut faire de la recherche scientifique un levier de restauration des espaces affectés par l’orpaillage illégal et clandestin.

Cette ambition était au cœur de la nouvelle édition du « Petit-déjeuner de l’Innovation », tenue jeudi 8 octobre 2026 à l’hôtel Azalaï Abidjan/Marcory, autour du thème : « Orpaillage en Côte d’Ivoire : de l’urgence environnementale aux solutions innovantes et durables ».

Ouvrant les travaux, le secrétaire général du FONSTI, Dr Sangaré Yaya, a rappelé que le secteur minier représente environ 5 % du PIB ivoirien en 2025. Mais l’essor parallèle de l’orpaillage illégal entraîne, selon lui, des conséquences préoccupantes sur les sols, les ressources en eau et les écosystèmes.

« Comment restaurer durablement les milieux déjà affectés ? Comment réhabiliter les terres dégradées et dépolluer les eaux et les sols ? », s’est-il interrogé, estimant que la réponse ne peut être uniquement réglementaire ou répressive.

Pour le responsable, le défi consiste désormais à faire sortir les résultats scientifiques des laboratoires. « Notre préoccupation majeure, c’est d’arriver à produire des connaissances et à valoriser l’émergence de solutions innovantes pour adresser les problèmes du développement économique et social de la Côte d’Ivoire », a-t-il soutenu.

Parmi les solutions présentées, les travaux du Dr Sandotin Lassina Coulibaly, maître de conférences à l’École des Mines et de l’Énergie de l’Université de Man, retiennent l’attention. Son équipe propose notamment de recourir à Chrysopogon nigritanus, une plante endogène présente dans de nombreux agrosystèmes ivoiriens, pour réduire la contamination des sols à l’arsenic.

Des échantillons provenant de sites d’orpaillage à Korhogo, Boundiali, Tengrela, Hiré et Angovia ont été analysés. Les résultats montrent notamment une concentration d’arsenic dépassant les seuils de toxicité étudiés, alors que plusieurs autres éléments analysés restent sous ces seuils.

Après 180 jours d’expérimentation sous serre, les chercheurs ont observé une meilleure élimination de l’arsenic dans les sols amendés à l’acide citrique. Selon les travaux présentés, Chrysopogon nigritanus pourrait ainsi constituer une piste durable pour la restauration des anciens sites d’orpaillage, avec des perspectives de traitement sur plusieurs années.

Autre piste : la valorisation des résidus miniers dans la construction. Des travaux menés sur des résidus provenant de Daoukro, Oumé et Kocoumbo ont montré leur potentiel pour entrer dans la formulation de mortiers.

Les essais ont notamment établi que certaines formulations à base de résidus miniers atteignent des résistances compatibles avec différents usages de construction, tandis que les tests de lixiviation n’ont pas révélé plusieurs éléments recherchés.

Pour le FONSTI, ces recherches illustrent une même démarche : partir d’un problème environnemental pour construire une réponse scientifique applicable sur le terrain.

Président et modérateur de la conférence inaugurale, le Professeur Toh Alain, socio-anthropologue du développement à l’Université Félix Houphouët-Boigny, a contribué aux échanges consacrés aux dimensions sociales et territoriales de l’orpaillage.

Le Professeur Yapo Ossey, directeur général du CIAPOL, ainsi que des s’il vous plaîtuniversitaires, chercheurs et acteurs institutionnels ont également pris part aux discussions.

Au terme des travaux, le message porté par le FONSTI est clair : la lutte contre l’orpaillage clandestin ne s’arrête pas à l’interdiction des activités illégales. Elle passe aussi par la capacité à réparer les espaces dégradés. Entre plantes capables de fixer les polluants et résidus miniers transformés en matériaux, la recherche ivoirienne entend ainsi ouvrir des voies nouvelles pour que les territoires marqués par l’orpaillage puissent, à leur tour, retrouver une seconde vie.

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Josué Koffi

Josué Koffi

Journaliste — Côte d'Ivoire Infos

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