Littérature/ASPEX 2026 : Tidiane Ouattara appelle à former les jeunes et structurer l’écosystème spatial ivoirien

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SPATIAL – EN MARGE DE L’OUVERTURE DE L’AFRICA SPACE EXPO 2026 À ABIDJAN, Dr Tidiane Ouattara a présenté ses trois ouvrages comme le fruit de plusieurs années de réflexion et d’expérience

L’espace ne se résume plus aux satellites qui gravitent au-dessus de nos têtes. À Abidjan, où s’ouvre ce jeudi 24 septembre 2026, l’Africa Space Expo (ASPEX), Dr Tidiane Ouattara veut surtout ramener le débat sur terre : la formation, les règles, les emplois et l’utilisation concrète des technologies spatiales pour le développement. Le rendez-vous, prévu jusqu’au 26 septembre au Parc des Expositions d’Abidjan, réunit acteurs publics, entreprises, investisseurs, chercheurs et startups autour des applications du spatial.

« L’espace appartient à tout le monde »

En marge de cette ouverture, le président du Conseil de l’Agence spatiale africaine a présenté ses trois ouvrages comme le fruit de plusieurs années de réflexion et d’expérience. « J’ai écrit ces livres pour laisser un patrimoine. Donc, c’est des mémoires que je partage et c’est accessible à tout le monde », explique-t-il.

Son message s’adresse notamment à la jeunesse africaine. Issu, dit-il, d’une famille modeste, Dr Tidiane Ouattara insiste sur l’accessibilité du secteur spatial. « L’espace n’est pas pour les nantis. L’espace appartient à tout le monde », affirme-t-il, en rappelant que les télécommunications, les médias sociaux et de nombreux services utilisés quotidiennement reposent déjà sur des infrastructures spatiales.

La formation comme première nécessité

Pour l’ancien coordonnateur du programme spatial africain de l’Union africaine, l’enjeu immédiat n’est pas de courir derrière les autres puissances spatiales, mais de disposer des compétences nécessaires.

« Il n’y a pas d’urgence, il y a une nécessité. Et la nécessité, c’est la formation », soutient-il. Il plaide également pour la mise en place de cadres réglementaires capables d’accompagner le développement du secteur.

Il cite notamment la question de la responsabilité en cas d’incident spatial et la nécessité de clarifier les rôles des différentes institutions intervenant dans le domaine.

« Il faut faire les états généraux de l’espace »

Sur la méthode à suivre en Côte d’Ivoire, Dr Tidiane Ouattara préconise d’abord un état des lieux. « Pour la Côte d’Ivoire, il faut d’abord faire les états généraux de l’espace. Avant de faire quoi que ce soit, il faut faire l’état des lieux », propose-t-il.

Selon lui, cette démarche devrait associer les différents secteurs concernés, des journalistes aux agriculteurs, en passant par les acteurs économiques et les utilisateurs des technologies spatiales. L’objectif serait d’identifier les besoins et de dégager des priorités en cohérence avec le Plan national de développement 2026-2030.

Des emplois à créer dans le secteur privé

Au-delà des institutions, Dr Tidiane Ouattara insiste sur la nécessité de voir émerger davantage d’entreprises ivoiriennes dans le spatial.

« Il faut qu’il y ait beaucoup de compagnies privées ici. Donc, création d’emplois et de richesses », souligne-t-il.

Cette orientation rejoint l’ambition affichée par ASPEX 2026, qui entend favoriser les rencontres entre entreprises, investisseurs, institutions et porteurs de projets. Le programme prévoit notamment des espaces B2B, B2G et G2G, des sessions d’investissement et des laboratoires de projets.

« Nous venons d’arriver »

Interrogé sur un éventuel retard de la Côte d’Ivoire dans le domaine spatial, Dr Tidiane Ouattara récuse le terme.

« On n’a de retard par rapport à personne ici », affirme-t-il, estimant que le véritable enjeu consiste désormais à saisir les opportunités liées au numérique et au spatial, avec une préparation suffisante.

À travers ses trois ouvrages et ses prises de parole à l’occasion d’ASPEX 2026, le scientifique pose ainsi les bases d’un débat qui dépasse la conquête spatiale : comment transformer les données, les infrastructures et les compétences spatiales en outils au service de l’agriculture, des télécommunications, de la sécurité et du développement ?

À Abidjan, le ciel devient donc un nouveau terrain de réflexion. Mais pour Dr Tidiane Ouattara, la prochaine étape se jouera surtout au sol : dans les amphithéâtres, les laboratoires, les administrations et les entreprises.

Josué Koffi

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