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Dossier MUTADAFP : 800 souscripteurs présumés lésés réclament près de 4 milliards de FCFA

Josué Koffi Par Josué Koffi 8 minutes de lecture 0 commentaires
Dossier MUTADAFP : 800 souscripteurs présumés lésés réclament près de 4 milliards de FCFA
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L’affaire des projets immobiliers de la Mutuelle des Agents de la Direction des Affaires financières et du Patrimoine (MUTADAFP) continue de susciter l’indignation parmi les souscripteurs. Près de 800 personnes affirment avoir été lésées dans des opérations dont le préjudice global est estimé par leurs représentants à 4 milliards de FCFA. Leur principale exigence : récupérer les sommes investies ou obtenir les biens immobiliers initialement promis.

Cette revendication a été réaffirmée mardi 13 octobre, lors d’une conférence de presse organisée à Cocody Palmeraie, non loin de la Rue Ministre, à Abidjan. Cahié Kunta, porte-parole des « Chapeaux Rouges », et Traoré Seydou, représentant du Collectif des victimes des projets immobiliers de la MUTADAFP (CVPI-MUTADAFP), ont profité de cette rencontre pour exposer les difficultés rencontrées par les souscripteurs et faire le point sur leurs démarches auprès des autorités.

Pour les personnes concernées, l’attente se prolonge depuis plusieurs années, sans qu’une solution satisfaisante ait été trouvée à leur situation. Entre espoir d’accéder à la propriété et inquiétude face à la perte de leurs économies, elles réclament désormais des réponses précises et des mesures concrètes.

Des rencontres avec les autorités sans résultats jugés satisfaisants

Dans son intervention, Cahié Kunta est revenu sur les différentes initiatives engagées pour obtenir un règlement du dossier. Il a notamment fait état d’une rencontre tenue la veille avec le directeur des Affaires financières du ministère des Finances, suivie d’échanges avec le nouveau comité ad hoc, le président de la mutuelle et des représentants des souscripteurs.

Selon son témoignage, ces démarches n’ont pas permis de déboucher sur des engagements suffisamment précis concernant la restitution des fonds.

Le représentant des « Chapeaux Rouges » a insisté sur l’évolution des attentes des souscripteurs. Alors que des propositions de terrains auraient été envisagées, une partie des personnes concernées ne souhaite plus s’engager dans de nouvelles options immobilières et privilégie désormais le remboursement de leur argent.

Cette position traduit, selon lui, une défiance grandissante après plusieurs années d’attente. Les victimes présumées veulent connaître les mesures envisagées pour récupérer leurs investissements, plutôt que de recevoir de nouvelles propositions dont l’aboutissement reste incertain.

Cahié Kunta a également rappelé que des correspondances avaient été adressées à plusieurs institutions de la République, notamment à la Primature, au président de l’Assemblée nationale et aux services compétents du ministère des Finances.

Malgré l’absence d’avancées qu’ils estiment suffisantes, les représentants assurent vouloir poursuivre leurs démarches dans le respect des institutions et des procédures judiciaires engagées.

Un préjudice financier aux conséquences humaines importantes

Au-delà des revendications financières, les représentants des souscripteurs mettent en avant les répercussions de cette affaire sur la vie quotidienne des familles concernées.

Ils affirment avoir recueilli des témoignages faisant état de difficultés personnelles, conjugales et familiales consécutives à la perte des économies investies. Pour plusieurs ménages, les sommes engagées provenaient de longues années de travail et d’épargne, avec l’ambition de devenir propriétaires d’un terrain ou d’un logement.

Afin d’étayer leurs demandes, les représentants indiquent disposer de reçus et d’autres justificatifs de paiement, ainsi que d’un récapitulatif constitué à partir des dossiers communiqués par les souscripteurs. Ces documents devraient contribuer à retracer les versements effectués et à préciser l’ampleur des préjudices invoqués.

Face à cette situation, Cahié Kunta a appelé les autorités ivoiriennes, en particulier le président de la République, Alassane Ouattara, à accorder une attention particulière au dossier.

Il a également invité les médias nationaux et internationaux à donner davantage de visibilité aux préoccupations des souscripteurs, tout en attirant l’attention du public sur les risques associés aux opérations immobilières contestées.

Le collectif réclame un examen approfondi des opérations immobilières

Prenant ensuite la parole, Traoré Seydou a présenté les principales attentes du CVPI-MUTADAFP. D’après le collectif, de nombreux souscripteurs ont versé de l’argent dans l’espoir d’acquérir des terrains nus ou des logements, sans avoir reçu les biens attendus ni obtenu le remboursement de leurs paiements.

Dans le cadre de ses revendications, le collectif mentionne plusieurs structures qui auraient pris part, selon les informations dont il dispose, à la présentation, à la commercialisation ou à l’aménagement des projets concernés. Les entités citées sont la MUTADAFP, Grâce Immobilier Construction, AL SANOGO, ARCTIC GROUPE et TEX IMMOBILIER.

Les représentants demandent que les relations entre ces différentes structures soient examinées par les autorités compétentes. Ils souhaitent notamment que les investigations permettent de retracer les flux financiers, d’identifier la destination des sommes collectées et de déterminer les engagements pris envers les souscripteurs.

La situation juridique des terrains concernés figure également parmi les points à éclaircir. Pour les victimes présumées, il est indispensable de disposer d’informations fiables sur les parcelles annoncées, l’état d’avancement des projets et les éventuels obstacles à leur réalisation.

Traoré Seydou a par ailleurs fait état de plusieurs plaintes qui auraient été déposées auprès du procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier (PPEF) de Côte d’Ivoire.

Les représentants insistent toutefois sur la nécessité de laisser les autorités judiciaires établir les faits et déterminer les responsabilités éventuelles. La mise en cause d’une personne ou d’une structure dans le cadre de ce dossier ne constitue pas, à elle seule, une preuve de culpabilité.

Remboursement ou remise effective des biens : les exigences des souscripteurs

La revendication centrale des personnes concernées repose sur une alternative : obtenir les biens immobiliers pour lesquels elles ont payé ou être remboursées lorsque leur livraison ne peut être assurée.

Pour parvenir à une résolution du dossier, le collectif demande notamment :

  • un état détaillé de chaque projet immobilier concerné ;
  • une clarification de la situation foncière des terrains annoncés ;
  • un inventaire exhaustif des sommes versées par les souscripteurs ;
  • un bilan des dossiers en attente et des engagements non exécutés ;
  • l’identification des responsabilités éventuelles dans la gestion des opérations ;
  • la réparation des préjudices qui seront établis, conformément aux textes en vigueur.

Ces demandes visent à obtenir une vision précise de la situation et à déterminer les solutions envisageables pour chaque dossier.

Selon Cahié Kunta, une audience est annoncée pour le 21 octobre prochain. Les souscripteurs fondent des espoirs sur cette échéance, qu’ils souhaitent voir déboucher sur des clarifications et des décisions susceptibles de faire progresser le traitement de leurs réclamations.

Une mobilisation maintenue dans l’attente de réponses concrètes

À travers cette sortie médiatique, les représentants des souscripteurs entendent maintenir la pression sur les parties concernées et attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’urgence de la situation.

Leur démarche, assurent-ils, reste orientée vers le dialogue, la transparence et le respect des voies légales. Ils attendent néanmoins que les démarches déjà entreprises se traduisent par des résultats tangibles, après plusieurs années d’incertitude.

Pour les quelque 800 personnes qui se déclarent lésées, l’enjeu ne se limite pas à la récupération de sommes d’argent. Il s’agit également de comprendre ce qu’il est advenu de leurs investissements, de connaître la situation réelle des projets immobiliers et d’obtenir une réponse à leurs engagements financiers.

Le montant de 4 milliards de FCFA avancé par leurs représentants donne la mesure de l’ampleur financière alléguée du dossier. Mais derrière cette estimation se trouvent des ménages qui disent avoir consacré une partie importante de leurs ressources à un projet d’accession à la propriété.

L’évolution de cette affaire remet ainsi au premier plan les questions de transparence dans la gestion des projets immobiliers, de sécurisation des investissements des souscripteurs et d’efficacité des mécanismes de recours en cas de litige.

En attendant les prochaines étapes judiciaires et administratives, le CVPI-MUTADAFP et les « Chapeaux Rouges » affirment leur volonté de poursuivre leurs actions jusqu’à l’obtention d’éclaircissements sur les opérations contestées et d’une issue qu’ils espèrent équitable et durable.

Ibo François

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Josué Koffi

Josué Koffi

Journaliste — Côte d'Ivoire Infos

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