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AGRICULTURE / FILIÈRE HÉVÉICOLE: 50 ans de succès, la Côte d’Ivoire veut franchir le cap de la transformation industrielle

Josué Koffi Par Josué Koffi 4 minutes de lecture 0 commentaires
AGRICULTURE / FILIÈRE HÉVÉICOLE: 50 ans de succès, la Côte d’Ivoire veut franchir le cap de la transformation industrielle
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De 164 000 tonnes en 2005 à près de deux millions de tonnes en 2025, la Côte d’Ivoire a changé de dimension sur le marché mondial du caoutchouc naturel. Mais après un demi-siècle de développement, un nouveau défi se dessine : transformer davantage cette richesse agricole sur place pour en tirer plus de valeur ajoutée et de retombées économiques.

Cinquante ans après la création de l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (Apromac), la filière entend ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Les 5 et 6 novembre 2026, au Sofitel Hôtel Ivoire, à Cocody, les acteurs du secteur se sont retrouvés à l’occasion de la deuxième édition des Journées du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire, couplée à la célébration du cinquantenaire de l’organisation, autour du thème : « L’Apromac, 50 ans de succès au service du développement rural et des productions vivrières ».

Parrainée par le vice-Premier ministre, Téné Birahima Ouattara, et présidée par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, cette rencontre a été l’occasion de saluer les pionniers qui ont contribué à bâtir cette industrie, mais aussi de mesurer le chemin parcouru.

Les chiffres témoignent de l’ampleur de cette évolution. En 2005, la production nationale était estimée à 164 000 tonnes. Vingt ans plus tard, elle avoisine les deux millions de tonnes. Une performance qui positionne la Côte d’Ivoire au premier rang africain et au deuxième rang mondial, derrière la Thaïlande.

Pour Charles-Emmanuel Yacé, président du conseil d’administration de l’Apromac, cette progression est avant tout le fruit d’un engagement collectif. L’État, les producteurs, les transformateurs ainsi que les partenaires nationaux et internationaux ont contribué à construire cette dynamique.

Au-delà des statistiques, l’hévéaculture fait vivre des centaines de milliers de familles. Elle représente une source importante de revenus en milieu rural, soutient la création d’emplois et participe à la diversification de l’économie nationale.

Cette réussite ne doit cependant pas masquer les défis qui attendent le secteur. Pour les professionnels, l’heure n’est plus uniquement à l’accroissement des volumes de production. La priorité est désormais de mieux valoriser le caoutchouc sur le territoire national.

Charles-Emmanuel Yacé a ainsi placé la compétitivité, la qualité et la transformation industrielle au cœur des ambitions de la filière. Autre chantier important : le géoréférencement des plantations, lancé en juillet 2024. À ce jour, 337 467 plantations ont déjà été répertoriées. Cette opération doit permettre de mieux identifier le patrimoine hévéicole et d’améliorer son suivi.

Ouvrant officiellement les festivités, le 6 novembre, le ministre Bruno Nabagné Koné a salué les cinquante années d’action de l’Apromac, notamment son rôle dans le dialogue entre les différentes composantes de la filière depuis 1975.

Il a toutefois invité les acteurs à ne pas se satisfaire des acquis. Quatre priorités ont été mises en avant : renforcer les capacités industrielles, améliorer la rémunération des producteurs, moderniser le matériel végétal et promouvoir une production durable.

Face aux préoccupations exprimées par les professionnels, le ministre a tenu à réaffirmer l’engagement des pouvoirs publics. « L’État assume et assumera pleinement sa part de responsabilité », a-t-il assuré, promettant la poursuite de l’accompagnement gouvernemental.

Entre projection d’un film rétrospectif et hommage aux pionniers, ce cinquantenaire aura donc été bien plus qu’une célébration du passé. Après avoir conquis une place de premier plan dans la production mondiale, la Côte d’Ivoire doit désormais réussir un autre pari : faire de son caoutchouc une richesse industrielle davantage transformée localement. Car le véritable enjeu des cinquante prochaines années sera aussi de faire en sorte que la croissance de la filière profite encore plus aux producteurs, aux travailleurs et à l’économie nationale.

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Josué Koffi

Josué Koffi

Journaliste — Côte d'Ivoire Infos

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