À Koumassi, la polémique née des démolitions du 3 juin 2026 au quartier Campement n’a pas fini de susciter des réactions. Alors que l’enquête judiciaire se poursuit et que les prises de position se multiplient autour de la responsabilité des différents acteurs, plus de 350 femmes de la commune ont choisi de faire entendre une autre voix. Réunies dimanche 27 septembre 2026 à la Maison blanche de Koumassi, elles ont renouvelé leur soutien au ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, Cissé Ibrahima Bacongo, et ont fait un plaidoyer au président Alassane Ouattara.

Le contexte judiciaire reste sensible. Le 16 septembre, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a fait le point sur l’enquête ouverte après les démolitions de Koumassi-Campement. Il a indiqué que plusieurs personnes avaient été entendues, parmi lesquelles Cissé Ibrahima Bacongo, le maire de Koumassi, le député de Gouméré-Tabagne ainsi que d’autres responsables administratifs.
Selon le parquet, la décision de justice invoquée pour justifier les opérations n’autorisait pas les démolitions réalisées. Le procureur a également indiqué que le député de Gouméré-Tabagne aurait joué un rôle déterminant dans l’opération et qu’une requête avait été adressée à l’Assemblée nationale concernant les poursuites éventuelles. Ces éléments relèvent toutefois d’une enquête judiciaire toujours en cours.

Depuis cette communication du parquet, les commentaires et critiques visant le Gouverneur Cissé Ibrahima Bacongo se sont multipliés. C’est dans ce climat que les femmes de Koumassi ont décidé de prendre publiquement la parole.
« Koumassi poto-poto » devenue « Koumassi cité »
Dans une déclaration lue par Ange Duval, les femmes ont dressé un bilan des transformations qu’elles attribuent à l’action de Cissé Ibrahima Bacongo à Koumassi : voirie, marchés, établissements scolaires, lieux de culte, équipements sportifs, santé, assainissement et environnement.
« Notre démarche est avant tout citoyenne : dire ce que nous avons vu, rappeler ce qui a été réalisé, défendre la vérité et préserver la paix dans notre pays et notre commune », a déclaré la porte-parole.
Sali Ouattara a résumé cette perception en quelques mots : « Koumassi jadis et Koumassi d’aujourd’hui, ce n’est pas pareil ! Avant, on appelait Koumassi “Koumassi poto-poto”. Aujourd’hui, Koumassi “Koumassi cité”. »
Les femmes des marchés témoignent

Présidente du Grand Marché de Koumassi, Halima Sanogo a livré un témoignage particulièrement marqué par l’évolution du marché. Elle affirme avoir échangé avec le Gouverneur Cissé Bacongo, alors député, sur les conditions difficiles de travail des commerçantes.
« Il a dit : “Je vais construire pour vous. Je vais casser le marché et puis reconstruire” », a-t-elle rapporté, avant de souligner les changements intervenus sur le site.
Maman Aka a, elle aussi, évoqué les transformations du cadre de vie, tout en abordant directement les démolitions de Koumassi-Campement. Elle estime que les opérations doivent être replacées dans le cadre des procédures et des responsabilités institutionnelles.
Un soutien, mais aussi un appel à la paix
Loin d’ignorer la douleur des familles touchées par les démolitions, les femmes disent leur « compassion » et leur « solidarité » aux personnes affectées.
Elles demandent que les responsabilités soient établies avec rigueur par les institutions compétentes et que les familles concernées continuent de bénéficier de l’attention nécessaire.

À l’endroit du président Alassane Ouattara, elles souhaitent ainsi que le dossier soit traité dans le calme et le respect des procédures, tout en demandant que les réalisations de Koumassi soient également prises en compte dans le débat public.
Pour Clarisse N’Zoko, « avant, on disait Koumassi poto-poto, aujourd’hui c’est Koumassi la belle ».
Au terme de leur rencontre, les femmes ont réaffirmé leur « soutien ferme, indéfectible et sans réserve » au Gouverneur Cissé Ibrahima Bacongo.



Au-delà de la controverse, leur message se veut finalement un appel à laisser les institutions faire leur travail, tandis que Koumassi regarde déjà vers la suite : préserver ses acquis, protéger sa cohésion sociale et poursuivre sa marche vers le développement.
Josué Koffi

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